Le livre électronique, un progès ou pas ?

Suite à un post sur le forum fedora-fr sur le sujet du livre électronique qui a forcément des détracteurs et des opposants, vient une rélfexion plus ‘générale’.

Ce sujet du livre électronique ne devenant alors qu’ un prétexte à une discussion qui nous passionne toutes et tous et qui est bien dans l’air du temps :

Tous les progrès sont-ils bons ?

Comment s’en accomoder, y faire face ?
Faut-il résister ou ne pourra t’on que subir ?
Autant dans les domaines médicaux, scientifiques notamment et en matière de maladie et de recherche le débat ne se pose pas à mon sens.
Autant dans un cadre de loisir comme la lecture, il y a matière à discussion.
Nous ne devons pas penser uniquement en termes de sauvegarde du patrimoine car il est un domaine où la numérisation des livres et des supports numériques est nécessaire.
Les personnes handicapées ont un besoin réel de ces livres et supports numériques et électroniques.
L’état doit, via l’ éducation nationale notamment mais aussi les bibliothèques et médiathèques, produire, diffuser et utiliser des ressources numériques adaptées aux situations des élèves / étudiants handicapés.

De plus en plus de communes ouvrent bibliothèques et médiathèques aux personnes handicapées.
Eric Besson a présenté, le 20 octobre, les principales mesures du Plan numérique 2012.
S’il y a un réel besoin les personnes handicapées mais aussi les personnes âgées, la raison évoquée par le gouvernement de sauvegarder un patrimoine qu’on ne souhaite pas voir s’envoler est-il vraiment valable.
Quels sont les enjeux cachés d’une telle numérisation ?
Essentiellement économiques on le sait, avec toujours et encore Big Brother Google.
Mais intérêt économique pour les fabricants de supports.
Le marché est juteux, les griffes sont acérées.

Mais numérique, numérisé, électronique, trois termes qui désignent la même chose ?

Pas tout à fait.
Le site Educnet définit celà en ces termes, je cite :

« Electronique ? Numérique ? Numérisé ?

Numérique ou électronique ?
Ces deux termes sont parfois employés indifféremment, mais ont aussi des connotations différentes :
– le terme numérique évoque davantage l’idée de contenu.
– le terme électronique évoque davantage une technique support.

Numérique ou numérisé ?
Bien qu’ils soient souvent employés l’un pour l’autre, ces termes semblent désigner deux types de livres, avec deux statuts différents :
– le livre numérisé correspond à un fichier à lire, identique à la version papier (par exemple en format PDF).
– le livre numérique est spécialement conçu pour un usage en ligne, intégrant des outils de navigation et du multimédia, supposant une lecture interactive. »

La numérisation ne date pas d’aujourd’hui, elle commença en 1971 par Michaël Hart avec son Projet Gutenberg, et le premier ‘document’ ainsi numérisé fut la Déclaration d’indépendance des États-Unis.

Robert Darnton – historien américain, spécialiste de l’histoire du livre et des Lumières
« Une des thèses dans l’histoire de la communication que je m’efforce d’écrire est qu’un média ne chasse pas un autre.
Je crois toujours que le livre électronique va s’ajouter à la machine de Gutenberg, mais je ne suis pas prophète.
J’ai déjà du mal à comprendre le passé, alors…
Toutefois, je suis optimiste, en un sens : le livre électronique ouvre beaucoup de possibilités qui n’existaient pas jusqu’ici.
Par exemple, prenons un livre sur la chanson d’autrefois, qui m’intéresse.
Grâce à la technologie, on peut lire et écouter d’un seul clic la musique dont il est question, donc c’est une reconstruction, autant que faire se peut, de la tradition orale du passé.
Cela n’aurait pas été possible il y a dix ans. »

Françoise Benhamou, professeur à l’université Paris 13, spécialiste de l’ économie de la culture, chroniqueuse sur France Culture livre sa réflexion sur sur le sujet :

« – Les ventes de livres ont-elles pâti de la crise économique ?
– Dans ce tableau, que représente la part des livres électroniques ?
– Pour le lecteur, quel avantage ?
– Quelles conséquences pour les libraires ?
– Et pour les auteurs ?
– Le marché du livre est-il menacé par le téléchargement, au même titre que celui de la musique ?

« Les investissements sont là et les habitudes de consommation changent très vite. Mais tous les types de livres ne seront pas logés à la même enseigne. Je pense que, dans quelques années, l’électronique peut représenter 80 % du marché des dictionnaires et des encyclopédies, 60 % des guides de voyage mais moins de 10 % des romans… »

L’intégralité sur le site de Ouest France.

Quel avenir en somme ?
Nul ne peut dire encore quel sera l’avenir de ce type de ‘progrès’, et si le « progrès est un mal nécessaire » il a des avantages.
Si le livre électronique a/aura des fonctions utiles et des avantages pour les bibliothèques, médiathèques comme éviter d’abîmer les livres traditionnels, permettre leur consultation en même temps par un grand nombre de personnes, l’impression d’une ou plusieurs pages désirées.
Le livre électronique permet l’accès à ces livres pour les personnes handicapées et âgées.
Il y a des avantages indeniables et pourtant quelle sensation pour un roman, un essai ou autre livre plus traditionnel ?
Je ne me vois pas lire un roman de ‘Stephen King’ ou ‘Clive Barker’ électroniquement !
J’ai besoin du contact du papier, de la couverture.
Un livre restera toujours, pour moi, dans sa forme traditionnelle.
Même si l’électronique a des avantages, il a les inconvénients de cas avantages aussi.
Un livre çà se respire, çà transpire, çà vit entre nos mains.
Sachons préserver celà sans négliger toutefois le progrès qui sera bien utile à un bon nombre d’entre nous.
Vous en pensez quoi ?

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